L’affaire Jeffrey Epstein va laisser beaucoup de questions en suspens. La succession du pédophile se prépare à verser plus de 100 millions de dollars dans le cadre d’un règlement avec une soixantaine de victimes. Et à fermer le dossier. L’accord s’assortit de l’abandon de poursuites pour toutes les personnes ayant travaillé pour le financier… dont Ghislaine Maxwell. L’ex-maîtresse et rabatteuse présumée de proies sexuelles du milliardaire, qui avait disparu des radars en 2015, est sortie de son silence. Pour attaquer en justice les héritiers du financier décédé. Et réclamer ce qu’elle pense être son dû.  Retour sur une affaire glauque mêlant hommes puissants et pédocriminalité. Ce que l’on sait.

Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell qui fut sa maîtresse dans les années 90. Ici à New York en 2005. Photo Patrick McMullan. Getty Images

La succession Epstein est ouverte

Sexe sur mineure, valse des millions et traffic d’influence… non il ne s’agit pas d’une super production hollywoodienne. Mais de l’affaire Jeffrey Epstein dont chaque volet apporte son lot de surprises. Le 12 mars, celle dont on avait perdu la trace depuis 2015 refait surface. Dans un document déposé devant la Cour supérieure des Iles Vierges, territoire américain dans lequel Jeffrey Epstein possédait plusieurs propriétés, Ghislaine Maxwell réclame la prise en charge de ses frais d’avocats, ainsi que des dépenses engagées pour sa protection personnelle et sa mise en sûreté. Dans l’assignation qui a été versée au dossier le 12 mars, elle indique avoir été employée par Jeffrey Epstein de 1999 à 2006 à la gestion de plusieurs propriétés du financier américain. “Et de ne pas avoir eu connaissance des infractions supposées de Jeffrey Epstein et de n’y avoir pas pris part”. Pourtant, les témoignages l’accablent.

Prête à tout pour garder l’intérêt de son ex-amant dont la libido exacerbée exigeait au moins “trois orgasmes par jour” ?

Diaboliquement perverse ?

Qui est cette mondaine à la tête bien faite, décrite par ses anciens amis comme une convive de bonne compagnie, dotée d’un humour ravageur ? Une Madame Claude de la haute société, proche de Clinton et du prince Andrew, prête à tout pour garder l’intérêt de son ex-amant dont la libido exacerbée exigeait au moins “trois orgasmes par jour” ? Une sex addict aussi détraquée que lui, initiant et formant les adolescentes à peine sorties de l’enfance ? Participait-elle aux ébats d’Epstein et de ses amis rich and famous ? Jamais inculpée Ghislaine Maxwell est soupçonnée d’avoir occupé un rôle clé dans le réseau de jeunes filles constitué par le millionnaire à la fin des années 1990 et au début des années 2000. En 2003, dans un article du Vanity Fair le financier parle d’elle comme de sa “meilleure amie.”  La journaliste la décrit aussi comme une “assistante haut de gamme” d’Epstein, qui “semble organiser une grande partie de sa vie”. Ghislaine Maxwell gère notamment les rendez-vous de Jeffrey Epstein avec des “professeurs privés de yoga”. 

GHISLAINE MAXWELL ET SES PARENTS, ROBERT ET BETTY, AU FESTIVAL DE CANNES EN 1987. ©STEVE WOOD/REX/SIPA

Née dans la jet-set

Née en France (à Maisons-Laffitte) Ghislaine est la petite dernière d’une fratrie de neuf enfants. Elle est élevée grandit une maison de 53 pièces près d’Oxford, poursuit des études supérieures et sort diplômée de la prestigieuse université. Quand elle débarque de Londres à New York en 1992, la jeune femme de 30 ans est une mondaine en déshérence. Une fille à papa dévastée par la mort brutale de son tout-puissant père. Le magnat de la presse Robert Maxwell, retrouvé noyé alors qu’il naviguait sur son yacht, le “Lady Ghislaine”, au large des Canaries. L’homme coupable de malversations était ruiné. Il devait plus de 4 milliards de dollars à 43 banques. Ghislaine doit revoir drastiquement son train de vie et se contenter d’une maigre pension de 100 000 dollars par an. À New York, elle rencontre Epstein, tombe sous son charme. Le financier américain mène un train de vie fastueux et dispose d’un compte en banque illimité. De quoi séduire la belle brune désargentée, qui maîtrise les codes de la bonne société et possède un carnet d’adresse jet-set. Epstein va lui permettre de renouer avec son train de vie débridé. Elle va l’introduire au cœur des élites qu’elle fréquente. Un bon deal !

QUAND IL ATTERRISSAIT SUR SON ÎLE PRIVÉE, DEUX FOIS PAR MOIS, À BORD DE SON JET PRIVÉ, EPSTEIN ÉTAIT TOUJOURS ACCOMPAGNÉ DE TRÈS JEUNES FILLES. AVEC CE RITUEL : UN HÉLICO LES ATTENDAIT POUR LES ACHEMINER SUR SON ÎLE PRIVÉE, LITTLE SAINT JAMES, REBAPTISÉE “PEDOPHILE ISLAND”.

“Madame” Ghislaine

Maîtresse, sex friend, meilleure amie, concierge de son empire de luxe, maquerelle d’un réseau de filles mineures pouvant aller jusqu’à s’occuper personnellement de la rétribution des filles, allant de 100 dollars pour un “massage” jusqu’à plusieurs milliers de dollars selon les circonstances… Comment cette femme brillante et éduquée est-elle tombée dans un commerce aussi glauque et crasseux ? Combien de très jeunes filles, souvent, a-t-elle recruté ? Dans le documentaire produit par Netflix et réalisé par Lisa Bryant, Virginia Roberts Giuffre révèle comment Ghislaine Maxwell l’a recrutée comme “masseuse” au service de Jeffrey Epstein alors qu’elle avait 16 ans alors qu’elle travaillait au Mar-a-Lago, le club floridien de Donald Trump. Elle raconte comment Maxwell l’a transformée en esclave sexuelle au service du financier ou de ses amis. Dans sa déposition, qui figure dans les documents judiciaires rendus publics en 2019, elle témoigne : “L’entraînement a commencé tout de suite. Il s’agissait d’apprendre à faire une fellation, à être silencieuse, soumise, à donner à Jeffrey ce qu’il voulait. Une bonne partie de cette formation provenait de Ghislaine elle-même. Leurs vies tournaient autour du sexe.” Un scénario qui, selon les témoignages, s’est répété de nombreuses fois avec d’autres adolescentes. Certaines d’entre elles sont passées de victime à celui de chasseur de nouvelles filles à recruter, à l’instar de Courtney Wild, âgée de 14 ans lorsqu’elle rencontre Jeffrey Epstein. “À 16 ans, je lui avais probablement amené 70 à 80 filles de 14 à 15 ans”, relate-t-elle au Miami Herald.

“L’entraînement a commencé tout de suite. Il s’agissait d’apprendre à faire une fellation, à être silencieuse, soumise, à donner à Jeffrey ce qu’il voulait. Une bonne partie de cette formation provenait de Ghislaine elle-même. Leurs vies tournaient autour du sexe” commente Virginia Roberts Giuffre.

GHISLAINE MAXWELL AU MARIAGE DE CHELSEA CLINTON EN 2010. LA DERNIÈRE FOIS QU’ELLE A ÉTÉ VUE AUX ÉTATS-UNIS, À LOS ANGELES DANS UN BURGER.

La mondaine disparaît des écrans radars

Dès 2008, Maxwell prend ses distances avec Epstein qui est inculpé une première fois en Floride pour trafic de mineures et qui encourt la prison à perpétuité. Elle continue à mener sa vie de jet-setteuse, multiplie les dîners de charité et crée en 2012, elle crée même une ONG pour la protection des océans (The Terra-Mar Project). On remarque sa présence au mariage de Chelsea Clinton, en juillet 2010. Aux côtés de Llyod C. Blankein à l’époque grand patron de la banque Goldman Sachs, pour un dîner de gala en faveur du mariage homosexuel en 2013. Cette même année, elle pose avec Michael Bloomberg, maire de New York, à une soirée organisée par la marque de chaussures Jimmy Choo. On la retrouve à la soirée des Oscars organisée par Vanity Fair, en 2014, aux côtés du patron de Tesla, Elon Musk. En 2015, elle vend sa maison de Manhattan pour 15 millions de dollars, et disparaît des écrans radars. Ses apparitions se font plus éparses à partir de 2016, alors qu’un procès l’oppose, avec Jeffrey Epstein, à Virginia Roberts Giuffre, principale plaignante dans l’affaire de trafic de mineures. En 2017, ses avocats répondent à un juge américain qu’ils n’ont plus son adresse. Depuis, rien. Jusqu’à ce 12 mars.

Le système judiciaire américain pointé du doigt

Grâce aux ténors du barreau qu’il a engagé, à ses relations haut placées et aux nombreuses pressions exercées sur les magistrats en charge du dossier, allant jusqu’à les faire suivre par des détectives privés pour enquêter sur leurs mœurs (une pratique dont on mesure toute l’ironie !). Epstein réussit à conclure un accord secret de non-poursuite avec les procureurs fédéraux de Floride. Il accepte de plaider coupable pour le seul chef d’avoir sollicité les services de prostituées mineures et échappe à un procès fédéral pour trafic sexuel. Alexander Acosta, ex-secrétaire du Travail de Donald Trump, à l’époque procureur de Floride lui présente un accord de négociation de peine controversé. Le prédateur sexuel n’écope que de 13 mois en prison, avec un droit de sortie quotidien pour mener ses affaires, qui lui permet de travailler à l’extérieur six jours par semaines.

2008 – L’immunité en question… accordée à tout autre “conspirateur”

L’accord prévoyait notamment que son nom soit inscrit au fichier national des délinquants sexuels. Or, en 2011, le financier a fait des démarches auprès d’une juge new-yorkaise pour passer de délinquant de niveau 3 – le niveau le plus dangereux – à délinquant de niveau 1 – le moins dangereux.

De plus, l’accord de non-poursuite accordait également l’immunité à tout autre “co-conspirateur potentiel”, identifié dans le document comme “incluant, mais sans s’y limiter, Sarah Kellen, Adriana Ross, Lesley Groff, et Nadia Marcinkova” désignées comme complices possibles. Des rabatteuses présumées (puisque jamais inquiétées) mènent toutes aujourd’hui une vie des plus rangées rapporte The Daily Beast. Aucune de ses très nombreuses victimes ne sera informée de l’accord passé avec les procureurs comme la loi l’impose.

“C’EST UN TYPE GÉNIAL. C’EST QUELQU’UN AVEC QUI ON PEUT BIEN S’AMUSER. ON DIT MÊME QU’IL AIME LES BELLES FEMMES AUTANT QUE MOI, ET QUE BEAUCOUP D’ENTRE ELLES SONT ASSEZ JEUNES. IL N’Y A PAS DE DOUTES, JEFFREY A UNE BONNE VIE SOCIALE”, CONFIAIT TRUMP DANS UN PORTRAIT D’EPSTEIN PARU EN 2002 DANS LE NEW YORK MAGAZINE AVANT D’AFFIRMER EN 2016 QU’IL NE LUI AVAIT PAS PARLÉ DEPUIS 15 ANS.

Jeffrey et ses très “chers” et si “puissants” amis

Dans sa résidence de l’Upper East Side à New York, dans sa villa de Palm Beach, dans son appartement de l’avenue Foch à Paris, sa propriété du Nouveau Mexique et surtout dans son île privée des caraïbes, Little Saint James Island rebaptisée “Pedophile Island” ou “Orgy Island”, dans son jet, Epstein a reçu l’élite internationale. Politiques, prix Nobel, gens de cinéma, chefs d’entreprise, intellectuels, têtes couronnées et présidents tous ont fréquenté l’ancien trader. Donald Trump, Bill Clinton, le prince Andrew, l’ancien premier ministre d’Israël Ehud Barak, Harvey Weinstein, Woody Allen, Kevin Spacey, Chris Tucker, Alan Dershowitz, célèbre avocat américain qui a notamment défendu O.J. Simpson ou encore Lee Wexner, l’ancien patron de Victoria’s Secret, pour ne citer qu’eux… autant de noms qui apparaissent aussi sur les carnets de vol du Lolita Express. 26 fois pour Clinton ! Évidemment, d’aucuns se défendent d’avoir eu des relations avec les très jeunes filles qui faisaient partie du décorum d’Epstein. Pourtant selon les témoignages des victimes, le programme de ces week-ends ne se résumait visiblement pas qu’à des déjeuners et des après-midis au bord de la piscine.

Un “fuck you” cinglant aux victimes

Le 7 juillet 2019, le riche investisseur en fonds spéculatifs est arrêté à son retour de France à la descente de son jet privé. Le Lolita Express, c’est ainsi que les médias américains ont depuis longtemps renommé l’avion privé d’Epstein, clin d’œil au sulfureux roman de Vladimir Nabokov mais aussi au train de vie du riche homme d’affaires, aujourd’hui considéré comme un criminel. Il est inculpé de deux chefs d’accusation (exploitation sexuelle et conspiration liée à une exploitation sexuelle) qui auraient dû lui valoir jusqu’à 45 ans de prison s’il avait été reconnu coupable. Si… car le samedi 10 août il est retrouvé mort dans sa cellule du Metropolitan Correctional Center, de la prison fédérale de Manhattan.

Trois factures de l’os thyroïde, que “l’on ne se fait pas avec une pendaison suicidaire… Je dirais que ces trois fractures sont extrêmement rares dans ces cas-là.” affirme Cyril Wecht médecin légiste de renom dans sa contre-expertise.

LE SAMEDI 10 AOÛT, JEFFREY EPSTEIN EST RETROUVÉ MORT DANS SA CELLULE DU METROPOLITAN CORRECTIONAL CENTER, DE LA PRISON FÉDÉRALE DE MANHATTAN. UN “FUCK YOU” CINGLANT AUX VICTIMES. L’AUTOPSIE CONCLUT À UN SUICIDE PAR PENDAISON.

Suicide ou suicidé ?

L’autopsie conclut à un suicide par pendaison. Le médecin légiste de renom Cyril Wecht engagé par le frère d’Epstein déclare dans le documentaire avoir trouvé trois factures de l’os thyroïde, que “l’on ne se fait pas avec une pendaison suicidaire… Je dirais que ces trois fractures sont extrêmement rares dans ces cas-là.” De quoi alimenter la théorie du complot : nombre de personnes célèbres ayant fréquenté Epstein avaient tout intérêt à le voir mort. Quoi qu’il en soit, Jeffrey Epstein venait de mettre fin de facto aux poursuites le visant pour avoir exploité sexuellement des jeunes filles mineures. Le procès Epstein qui s’annonçait retentissant n’aura pas lieu. Les suvivors ainsi qu’elles sont identifiées dans le documentaire de Bryant ne verront jamais celui qui fut arrêté pour pédocriminalité dans un tribunal, afin d’y être jugé pour trafic sexuel.

“Contrairement à un acte traditionnel, les opérations d’un trust sont généralement tenues secrètes, afin d’éviter les regards indiscrets” analyse Patrick D. Goodman, expert en loi administrative.

Cynique et sordide jusque dans les moindres détails

Moins de quarante-huit heures avant de se pendre dans sa cellule, Epstein rédige un nouveau testament à des bénéficiaires inconnus via une fiducie appelée “The 1953 Trust” en référence à son année de naissance. Et enregistrée dans les Îles Vierges. Un patrimoine estimé à ce jour à 634 millions de dollars. Patrick D. Goodman, expert en loi administrative, a suggéré au New York Times qu’Epstein a usé de cette stratégie pour préserver un certain mystère autour de ses finances : “contrairement à un acte traditionnel, les opérations d’un trust sont généralement tenues secrètes, afin d’éviter les regards indiscrets”. De quoi perpétuer le mystère autour de sa mort qui alimente les théories du complot les plus folles. Une tactique légale mais qui rend la réparation des victimes difficile.

Un procès Ghislaine Maxwell ? J’en doute

Rien n’est moins sûr. Il faudrait selon Lisa Bryant, que l’accord de 2008 soit annulé. “Il y avait un accord d’abandon de poursuite”, explique-t-elle. “Ce qui protège les Ghislaine Maxwell, Sarah Kellen… Brad Edwards [l’avocat de plus de 20 des victimes] fait des efforts pour continuer ce combat avec les survivantes. Ça prend du temps. Il avait tissé une immense toile d’araignée autour du globe. C’était vraiment un cartel international de trafic sexuel.”

“En raison des informations compromettantes qu’elle possède sur les personnes les plus puissantes du monde, Maxwell serait protégée” a déclaré une source anonyme.

Epstein et Maxwell : “agents” d’un ou de gouvernement.s étranger.s

Un nouveau rapport explosif affirme qu’Epstein et Maxwell étaient des agents des renseignements étrangers Détentrice d’inavouables secrets et donc un témoin sensible qui mériterait une protection spéciale en contrepartie de sa pleine et entière coopération. L’affaire Epstein était-elle une opération de séduction et de compromission sexuelle à grande échelle utilisée pour piéger des dirigeants américains et étrangers ? Alors pour qui ? CIA ? Non pas sur des dossiers de pédophilie à grande échelle. FSB ? Peu probable.

Le Mossad ?

D’une part  “Les liens présumés de la famille Maxwell avec le principal service de renseignement d’Israël, le Mossad, sont bien documentés” a déclaré une source anonyme à Page Six. Avant d’ajouter : “En raison des informations compromettantes qu’elle possède sur les personnes les plus puissantes du monde, Maxwell serait protégée… Elle est cachée en Israël dans des maisons sécurisées pour échapper à l’enquête du FBI” a ajouté cette même source. “Epstein et Maxwell échangeaient des informations sur les personnes puissantes prises dans leurs filets, et filmées chez Epstein” insiste la source. Alors Maxwell et Epstein “agents” d’un ou de gouvernement.s étranger.s ?  

Déjà en 2008, des allégations d’“intelligence”

Revenons à l’année 2008. Pour tenter de justifier la peine incroyablement légère imposée au richissime pédophile Jeffrey Epstein, Alex Acosta le procureur fédéral chargé de la poursuite dans ce dossier aurait affirmé qu’il a agi ainsi parce qu’on lui a dit qu’il était un agent secret: “I was told Epstein “belonged to intelligence” and to leave it alone.” Son explication a suffi à rassurer l’équipe de transition de Trump qui lui a donné le poste de secrétaire au travail. Interrogé en conférence de presse à ce sujet, Acosta n’a pas voulu répondre. On le supposait intouchable parce qu’ayant des dossiers sur de nombreuses personnalité. Mais alors pour quelle.s puissance.s aurait-il recueilli ces informations compromettantes ?

Andrew, le cauchemar diplomatique

The Sun avance que la justice américaine souhaite que le prince Andrew soit appelé à témoigner sous serment devant la cour des magistrats de la Cité de Westminster, à Londres, et s’il refuse, d’y être contraint. Il ne bénéficie d’aucune immunité juridique, contrairement à sa mère. “C’est véritablement un cauchemar diplomatique”, indique une source au tabloïd.

En France

En France aussi , l’affaire Epstein éclabousse. Le 13 août 2019, Mediapart révèle que l’agent de mannequins français Jean-Luc Brunel de l’agence MC2 (anciennement Karins USA) est accusé par des victimes d’avoir été un des “principaux pourvoyeurs” d’adolescentes pour Epstein.

L’association Innocence en danger a saisi le parquet. Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, et Adrien Taquet, secrétaire d’Etat chargé de la protection de l’enfance, avaient réclamé l’ouverture d’une enquête  “afin que toute la lumière soit faite”. On attend !

Les victimes présumées de Jeffrey Epstein crient leur colère lors d’une audience : “Vous devez continuer à enquêter !”

Le silence est d’or

Espérer qu’un inventaire exhaustif et détaillé des crimes commis par Epstein et son cercle émerge semble une utopie. Dans le cadre de la succession d’Epstein, la soixantaine de plaignantes a accepté de participer à un Fonds d’indemnisation des victimes rapporte The Sun dans un article du 5 mai 2020. Le montant de l’indemnisation se basant sur les accords passés d’Epstein avec les victimes dans ses affaires à Palm Beach, qui variaient d’un peu moins d’un million de dollars à plus de 3 millions de dollars. Les parties pourraient percevoir leur règlement juste avant l’anniversaire de la mort du pédophile le 10 août. En contrepartie, elles devront signer un contrat stipulant qu’elles ne pourront plus jamais intenter d’action en justice. Le mystère demeurera entier : comment Jeffrey Epstein a vécu en commettant des actes qui mèneraient une personne normale en prison, tout en côtoyant les hommes les plus surveillés au monde. Comment a-t-il pu créer une bulle protectrice autour de lui ?

À voir sur Netflix : Jeffrey Epstein : Filthy Rich de Lisa Bryant, documentaire en quatre épisodes .