Révélé par les premiers films de Xavier Dolan, Niels Schneider enchaîne avec succès les tournages depuis quelques années en Europe. Trophée Chopard en tant que révélation de l’année au Festival de Cannes, en 2010 dans Les Amours imaginaires du réalisateur Xavier Dolan. Les rôles s’enchaînent alors pour Niels Schneider qui saute d’un univers à un autre avec une agilité extraordinaire. Inquiétant dans Désordres, il se révèle poétique dans Les Rencontres d’après minuit ou encore tourmenté dans la pièce de théâtre Roméo et Juliette qui lui vaudra d’être nominé pour le Molière du jeune talent masculin en 2014. César du meilleur espoir masculin en 2017 pour sa prestation dans Diamant noir… Il crève l’écran dans le film Sympathie pour le diable, sortie le 27 novembre, de Guillaume de Fontenay. Un rôle exigeant tant sur le plan physique que psychologique dans lequel le comédien de 32 ans fait preuve de la maturité et de l’épaisseur nécessaires pour aborder des rôles complexes. Rencontre.

Crédit photo : portrait de Niels Schneider par François Berthier

Provocateur Paul Marchand aimait les prises de risques, il avait écrit sur sa voiture à l’attention des snipers “Morituri te salutant” et “Don’t waste your bullet, I’m immortal”.

Un journaliste se doit d’être à l’endroit exact où on lui interdit d’être.” Les mots du reporter Paul Marchand introduisent cette bande-annonce, tandis que les explosions, cris et déflagrations envahissent le champ sonore. 

Dans l’enfer de Sarajevo
Un rôle exigeant tant sur le plan physique que psychologique

Avec le film Sympathie pour le diable, l’acteur franco-québécois se glisse dans la peau du défunt grand reporter de guerre, aussi provocateur qu’éclatant, Paul Marchand. Réalisée par Guillaume de Fontenay, cette adaptation des récits de Paul Marchand nous plonge dans l’enfer de la guerre de Bosnie-Herzégovine, en 1992. Le film relate le siège de Sarajevo à travers les yeux du journaliste, qui sillonnait la ville à ses risques et périls pour son travail de correspondant pour des radios d’Europe et du Canada. Petit à petit la colère a gagné Paul. Il est sorti lentement de sa “neutralité journalistique”. Pour composer son personnage, l’acteur de 32 ans s’est appuyé sur de nombreuses images d’archives du journaliste. “Je ne connaissais pas Paul Marchand avant qu’on m’approche pour ce rôle” confie le comédien qui avait cinq ans au début du siège de Sarajevo, en 1992. “Ça m’intéressait de me plonger dans ce conflit. Je trouvais que le scénario dégageait une vérité sur ce siège-là, mais aussi sur le métier de correspondant de guerre”. Mais pour incarner Paul, Niels a aussi dû s’imprégner de sa diction, de sa gestuelle. “Paul avait une gestuelle très particulière avec sa manière de fumer le cigare et le rythme de ses paroles. Il était bègue et il avait quelque chose de très concentré dans sa manière de parler. C’est un personnage tout en paradoxes, génial à jouer. Il joue un peu au caïd mais il est sensible, toute sa puissance est contrebalancée par une énorme faille intérieure. Il se cachait derrière un masque d’humour très noir”.

“Ça m’intéressait de me plonger dans ce conflit. Je trouvais que le scénario dégageait une vérité sur ce siège-là, mais aussi sur le métier de correspondant de guerre”.

Ce que Guillaume de Fontenay dit de lui

“Il a le charisme et le côté dandy de Paul. Mais il a aussi vécu des évènements durs dans sa vie. Et c’est cette fêlure qui était le plus important et le plus touchant pour moi. Niels s’est investi de façon exceptionnelle dans ce rôle. Il a travaillé sa diction pour retrouver l’énergie de Paul, ses mouvements de mains, ses regards… Il a maigri, il a travaillé cet état d’hyperveillance. Il a observé des extraits télévisés de Paul, il a écouté ses reportages radio pour retrouver la musicalité de son phrasé. Il a réussi à retrouver ses masques et rendre palpable sa fragilité. Ça a été un coup de cœur mutuel très fort.”

Des projets ?

“Oui avec le prochain film d’Emmanuel Mouret, que je tourne en ce moment en France. C’est une comédie sur le sentiment amoureux super plaisant à faire, parce que c’est léger. Ça fait du bien surtout après avoir participé à un tournage aussi intense que celui de Sympathie pour le diable.” commente Niels. Ahah, le sentiment amoureux… Si Niels demeure discret, ses amours avec la comédienne Virginie Efira ne nous laissent pas indifférentes. Niels Schneider est à n’en pas douter, un homme à suivre.